Tentative de définition

La définition de la chirurgie mini invasive reste à inventer.

Il est plus juste d’affirmer que beaucoup de définitions ont été proposées au cours des trente dernières années et qu’il reste à rassembler ces différentes idées dans une formule acceptée de tous et dans toutes les langues. En tous les cas, il ne faut pas limiter la chirurgie mini-invasive à une chirurgie par mini-abord.

La chirurgie mini-invasive ne doit pas être confondue avec une chirurgie à minima. La chirurgie mini-invasive se propose d’effectuer un geste habituellement réalisé de façon conventionnelle avec un degré d’agressivité moindre. La chirurgie à minima n’est, elle, qu’une version dégradée du geste idéal, conventionnel ; c’est une intervention « écourtée » soit parce que le patient, trop fragile, ne peut physiquement pas subir un geste complet, jugé trop lourd, soit parce que la pathologie apparaît plus simple à traiter que prévu ou au contraire trop évoluée et qu’elle n’exige pas ou plus un geste complet, devenu inutile, dépassé.

La chirurgie mini-invasive n’est pas non plus synonyme de microchirurgie. La microchirurgie  utilise le microscope ou les loupes pour travailler dans le champ opératoire parce que celui-ci est très restreint ou parce que l’objet de la dissection est infiniment petit et délicat mais cela ne laisse pas préjuger de l’agressivité globale de l’opération et un geste microchirurgical peut être réalisé par un abord très invasif.

Enfin, la chirurgie mini-invasive n’est pas synonyme de chirurgie esthétique même si la discrétion de la cicatrice peut être un de ses soucis. Un résultat particulièrement esthétique peut être obtenu au prix d’une intervention dangereuse, agressive et douloureuse. Parfois même, le traumatisme sous-jacent, caché par une cicatrice invisible peut représenter un sacrifice tissulaire important et sortir complètement du cadre du mini-invasif.

L’idéal serait de considérer la chirurgie mini-invasive comme un concept chirurgical qui se propose de limiter le traumatisme opératoire du patient en prenant en compte sans les dissocier, ses retentissements physiques et psychiques. Cette définition va donc au-delà de l’opposition « chirurgie conventionnelle » versus « chirurgie mini-invasive » ou « chirurgie à ciel ouvert » versus « chirurgie mini-invasive ». Il n’y est pas uniquement question de technicité et le concept principal est donc celui du confort du patient.

Ne serait-il pas possible de définir la chirurgie mini-invasive comme la chirurgie qui à moyen et long terme ne laisse aucun souvenir négatif, aucune cicatrice morale et physique au patient ? Aucune cicatrice en surface ni en profondeur, aucun cauchemar, aucune appréhension y compris dans les relations du patient avec son corps et avec son entourage.

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